Le journal d’Helga Weissovà

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● Editions France Loisirs ● 2014 ● 257 pages ● 22€

 

« Je ne trouve pas le mot. Peut être qu’il n’en existe aucun pour exprimer le poids de cet instant »

Tout d’abord, je voudrais que vous sachiez qu’avant de faire cette chronique, j’ai longuement réfléchi à comment je mettrai par écrit ce que j’ai ressenti. Parce que bon, j’ai déjà lu des témoignages de guerre mais ça fait toujours le même effet. C’est retournant, émouvant, horrible mais beau à la fois (une histoire de survivant ça l’est toujours).

La quatrième de couverture :10956100_1603811913187997_1570625201_n

Un document exceptionnel : le seul journal connu à ce jour écrit par une petite fille pendant l’Holocauste miraculeusement conservé.

Helga à huit ans quand elle ouvre la première page de son journal. Nous sommes en 1938 et les nazis ont envahis Prague ; les écoles sont fermées, le père a perdu son travail et toute la famille est confinée dans l’appartement. Un à un, les amis et les proches disparaissent, les déportations commencent.

En 1941, Helga et ses parents sont envoyés à Terezin, ils y resteront trois ans. Et Helga raconte : la faim, les maladies, la souffrance ; mais aussi l’amitié, les petits moments de joie, l’espoir. Et puis ce sera l’horreur à Mauthausen et à Auschwitz. Et Helga écrit et dessine encore et encore pour obéir à la prière de son père : « Dis leur ce que tu vois. »

Helga ne reverra jamais son père, mais elle et sa mère survivront. A la fin de son journal, Helga à 15 ans. Elle fait partie de la petite centaine d’enfants rescapés sur plus de quinze mille déportés.

Un témoignage poignant donc, d’une jeune fille juive, Tchèque qui subi la guerre.

Déjà le livre en tant qu’objet : il est magnifique ! Un peut plus grand qu’un cahier de brouillon, avec sa couverture en dure et son lien pour refermer le livre comme un journal, c’est un beau livre à posséder.

Avant d’entrer dans le journal, il y a un avant propos où l’auteur explique qu’elle a essayé au mieux d’organiser et de réécrire chronologiquement son journal souvent écrit sur des feuilles volantes et pas toujours datées pour que le tout  soit cohérent. De plus, il y a aussi des dessins d’Helga pour illustrer des situations à l’intérieur. A la fin du journal il y a aussi : un glossaire pour les mots allemands non traduits, une chronologie pour se remettre dans le contexte, des notes de la traductrice puis des petites notes organisées par chapitre pour expliquer des termes, situer des villes ou encore dire ce qui est arrivé à des personnages que l’on ne voit qu’une fois.

Puis le journal en tant que tel, d’abord c’est rare d’avoir des points de vue comme celui-ci. En effet elle est de Prague, et en France on a tendance à entendre principalement (si ce n’est seulement) parler des Français et des Allemands qui ont subis la guerre. On oubli trop souvent ces pays plus à l’Est.

On a tout de suite de la sympathie pour la petite Helga puisqu’elle est en position de victime. Elle est toute jeune et innocente et se demande « Pourquoi ? Qu’est-ce que j’ai fais de mal ? » Puis elle raconte la déshumanisation d’abord à Terezin, l’appel tous les jours dans le chaud ou le froid (elle y reste trois ans), les maladies, la faim. Mais aussi l’amitié quand elle est logée au 24 avec d’autres filles de sont âges, elles organisent des fêtes pour Noël ou Hanoukka où elles dansent, et puis elles écrivent des poèmes, elles rêvent aussi et elles espèrent. Elles espèrent toujours la fin de la guerre, même si on voit que cet espoir s’effrite de temps en temps, quand Helga pense à sauter du train quand elles sont déplacées de Auschwitz à Mauthausen par exemple. Mais elle repousse toujours pour ne pas laisse tomber sa mère (elles ont eu de la chance de n’avoir jamais été séparées) mais surtout parce qu’on leur dit toujours que la fin est proche et elle veut la connaître cette fin. Elle est tellement déterminée. C’est ainsi qu’elle survit donc un mois, deux mois, un an de plus.

Et cette fin, quand elle arrive enfin elles sont tellement affaiblies qu’elle ne s’en rende pas compte. Elle trouve juste étrange qu’on leur donne plus à manger ou des vêtements propres. Et c’est là dessus que se finit livre.

Pour les curieux juste après il y a un entretien avec Helga Weissovà où elles répond à certaines questions comme comment s’est passé sa vie après tout ça.

Bon, j’espère vous avoir donné envie de lire ce livre très peu connu (pas assez en tout cas), parce que je pense vraiment qu’il apporte quelque chose d’utile dans une vie. Au début je ne pensais pas le noter puis je me suis dit que (notamment sur livraddict) ça en rassure certains quand il y a une note. Alors sans hésiter :

Ma notre : 20/20

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4 réflexions sur “Le journal d’Helga Weissovà

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